L’alimentation
Favoriser une diversification alimentaire épanouie pour votre enfant
L’alimentation, c’est se nourrir mais c’est une aventure sensorielle, un moment de partage, une découverte qui se construit pas à pas. Voici quelques repères pour accompagner votre enfant sereinement, en respectant son rythme.
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Faites-vous confiance (et faites-lui confiance)
Vous connaissez votre enfant mieux que personne. Laissez-le découvrir les nouveaux aliments à son rythme, sans pression. L’essentiel, c’est que le repas reste un moment calme et agréable, pour lui comme pour vous.
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Des débuts tout en douceur : les repas sur les genoux
Au tout début de la diversification, il est souvent rassurant pour le bébé de rester sur vos genoux, comme lors de l’allaitement ou du biberon.
Cela crée une continuité affective et une contenance : votre enfant passe ainsi en douceur du biberon ou du sein à la cuillère ou aux petits morceaux.
Observez bien son rythme : au début, il aime rester dans vos bras, puis, petit à petit, il commence à toucher avec ses doigts et explorer par lui-même. Peu à peu vous pourrez lui donner un couvert (cuillère adapté à lui d’un point de vue ergonomique ou en fonction de sa sensibilité et de sa capacité motrice) tout en gardant une deuxième cuillère à porter de main pour l’aider. (!!!! Evitez de racler sa bouche avec c’est une douce violence comme dirait c. Schull ce peut être désagréable).
Quand votre enfant se met en position assis seul au sol (vers 6 mois), vous pouvez le passer en position assise pour le repas, soit dans vos bras, soit dans un transat adapté, soit sur une chaise haute adaptée à son âge.
Quand il est capable de s’asseoir seul sur une chaise, cela signifie qu’il est prêt à manger à table (sur une petite chaise à sa taille ou une chaise haute adaptée).
Attention à la posture ! Il est important de respecter l’étape de développement physiologique de votre enfant pour éviter des problèmes posturaux plus tard. Ses muscles doivent être assez toniques pour soutenir la position assise sans forcer : tout se fait naturellement, en respectant son évolution et en l’encourageant dans un environnement stimulant.
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Bien installer son enfant pour bien manger
Que ce soit sur une petite chaise ou une chaise haute, veillez à ce que :
• Ses pieds reposent bien au sol (ou sur un appui),
• Son dos soit bien calé,
• La table arrive à la hauteur de ses coudes,
• S’il est dans une chaise haute, un appui pour les pieds et des accoudoirs apportent une sécurité affective.
Et surtout : mangez avec lui, échangez, goûtez. Vous êtes son modèle !
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Jouer sur le visuel et la présentation
Misez sur des assiettes ludiques et colorées pour éveiller sa curiosité :
• Créez des petits visages, des formes rigolotes, variez les couleurs.
• Mélangez un aliment qu’il aime beaucoup avec un autre qu’il aime moins. Mettez plus d’aliment préféré et un peu de ce qu’il découvre.
• Variez les textures : fondant, croquant, granuleux…
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Attention à la quantité et aux distractions
Un enfant peut vite être découragé par une assiette trop pleine ou trop d’aliments différents d’un coup.
Préférez de petites portions, quitte à reproposer.
Veillez à garder la table simple, sans trop d’objets ni de distractions.
Évitez les écrans pendant le repas pour que l’enfant reste concentré sur ce qu’il mange, sans être trop stimulé par d’autres sens.
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La DME : Diversification Menée par l’Enfant
La DME (Diversification Menée par l’Enfant) consiste à laisser votre bébé explorer les aliments par lui-même, dès qu’il est prêt.
• Il attrape, touche, porte à la bouche, suce, mordille… même sans dents !
• Cela développe son autonomie, sa motricité fine et son intérêt pour la nourriture.
• Vous êtes toujours là pour le superviser, l’encourager et partager ce moment avec lui.
Vous pouvez choisir de faire un mélange DME + purées, selon ce qui vous convient le mieux.
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L’approche sensorielle
Avant de manger, votre enfant regarde, touche, sent. Tout cela fait partie de l’apprentissage.
Laissez-le porter les aliments à la bouche avec les doigts si besoin : c’est normal et très utile pour découvrir de nouvelles saveurs.
Il existe des tabliers scratches à un plateau de type nappe pour manipuler aisément (plateau de DME)
Soutenir les enfants hypersensibles ou en surcharge sensorielle (TSA, TDAH)
Certains enfants, notamment ceux qui ont un TSA ou un TDAH, peuvent vivre le moment du repas comme une surcharge sensorielle : bruits, odeurs, textures, interactions… tout peut vite devenir envahissant.
Pour les aider, on peut proposer :
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Des élastiques à tirer sous la chaise pour occuper leurs mains et les aider à réguler leur tension,
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Une galette ou un coussin d’assise pour favoriser un meilleur ancrage et limiter l’agitation,
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Un casque anti-bruit ou des bouchons d’oreilles pour réduire les sons trop forts ou imprévisibles.
L’idée est de diminuer les sources de stress pour que l’enfant reste disponible pour manger, à son rythme, sans être submergé.
Adapter le matériel sensoriel
Vous pouvez aussi :
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Proposer une cuillère ou une fourchette adaptée à sa sensibilité (matière, forme, poids).
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Mettre en place une routine rassurante : même place, même assiette.
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Offrir la possibilité de s’essuyer seul, se lever quelques secondes, respirer… Respectez ses signaux
En grandissant : faire confiance, encourager l’autonomie
Plus votre enfant grandit, plus le repas devient une belle opportunité d’apprentissages du quotidien :
Mettre la table, débarrasser, verser l’eau dans une carafe, utiliser de vraies assiettes en porcelaine et des verres en verre : cela valorise sa confiance et son sentiment de compétence.
Apprenez-lui à jeter les déchets à la poubelle, à trier, à se servir seul… Ce sont de petits gestes qui construisent sa confiance et son autonomie.
Pourquoi ne pas transformer le repas en petit jeu “comme au restaurant” ?
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Préparez ensemble le menu,
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Jouez à prendre la commande,
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Laissez-le apporter le couvert ou servir ses parents : c’est ludique et responsabilisant !
Plus il participe, plus il devient acteur de son repas — et plus il apprend à écouter ses sensations et ses envies.
Entre 2 et 4 ans, de nombreux enfants traversent une phase de néophobie alimentaire (peur des aliments nouveaux). C’est normal.
Voir, toucher, accepter l’aliment dans l’assiette : chaque étape est un progrès.
En moyenne, il faut proposer un aliment 7 fois pour qu’il soit accepté.
Proposez régulièrement, mais sans forcer, pour que le repas reste un plaisir.
Pensez à cuisiner avec lui et aller acheter ou cueillir les aliments ensemble. Favoriser les activités pâtisseries, jardinage, manipulations de types sensorielles (voir fiche activités manipulation), jeux d’imitation comme à la dînette ou faire manger une poupée..
n’hésitez pas à passer par le jeu (parmis ce que je viens de citer) en dehors du repas pour moins appréhender le repas quand vous rencontrez des difficultés.
N’oubliez pas que rien est définitif et que la patience est votre meilleur allié! Restez positif un enfant ne se laisse jamais mourir de faim et ses apports nutritionnels sont calculés à la semaine (voir livre sur la diversification) par contre l’alimentation peut devenir un réel problème quand il y a trop d’enjeu relationnel ou devient problématique quand l’enfant doit manger pour faire plaisir et non se faire plaisir .
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Une ressource utile : Je mange un jour bleu
L’Institut du Goût propose le programme Je mange un jour bleu, disponible en ligne. Il décrit les étapes avant d’aimer un aliment, et peut être très intéressant pour tous les enfants — surtout ceux qui ont des particularités d’oralité.
Un livre à découvrir : Mon médecin homéopathe m’avait recommandé un excellent livre sur la diversification alimentaire. Je vous le recommande à mon tour : il est une belle base pour comprendre le rôle du plaisir, du rythme et de la confiance dans l’alimentation des tout-petits.
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En résumé
Impliquez-le : dresser la table, se servir, ranger… c’est déjà grandir !
Proposez systématiquement … mais sans jamais forcer.
Et surtout : gardez toujours le plaisir et le partage au cœur du repas !